Surveillance de la Qualité des Eaux de Baignade

Contexte

Les rivages du Maroc s’étendent sur 3500 km sur ses deux façades atlantique et méditerranéenne. Attractif, riche et très convoité, le littoral Marocain subit différentes formes de dégradation et de déséquilibres liés en grande partie à l’activité humaine : pressions urbaines, industrielles et touristiques qui lui confèrent une grande vulnérabilité écologique.

La prise en compte des limites et des potentialités de cet écosystème est plus que jamais d’actualité, puisque la viabilité de certains secteurs clés de l’économie nationale dont la pêche et le tourisme, en dépend étroitement.

C’est dans cette optique que, depuis 2002, le Département de l’Environnement et celui de l’Equipement menaient conjointement, dans le cadre d’un protocole d’accord bilatéral, le Programme National de Surveillance des Eaux de Baignade le long des côtes atlantique et méditerranéenne du Royaume.

A partir de 2017, ce programme est mené unilatéralement par le Secrétariat d’Etat chargé du Développement Durable (SEDD) par le biais de son Laboratoire National des Etudes et de la Surveillance de la pollution.

Organisation de la surveillance de la qualité hygiénique des eaux de baignade

Les eaux de baignade des plages intégrées dans ledit programme, font chaque année l’objet d’une surveillance des paramètres bactériologiques du mois de Mai jusqu’au mois de Septembre avec une fréquence de prélèvement bimensuelle.

La liste des points de surveillance ainsi que les sites de surveillance sont choisis en fonction de l’importance de la fréquentation, de la nature des lieux (Relief, forme du rivage, …) et des risques particuliers de pollution pouvant exister (rejet d’eaux usées, embouchures de rivières, ports, etc.).

L’évaluation de la qualité des eaux de baignade des plages surveillées, porte sur la recherche des paramètres microbiologiques, conformément aux normes marocaines en vigueur (NM 03.7.200 et NM 03.7.199).

Le tableau ci-dessous illustre la répartition régionale des plages et des stations de prélèvements objet de surveillance :

Régions Nombre de plages Nombre de stations Nombre de prélèvements
Orientale 11 26 252
Tanger-Tétouan-El Hoceima 58 150 1484
Rabat-Salé-Kénitra 18 46 459
Casablanca-Settat 36 111 1110
Marrakech-Safi 10 30 300
Souss-Massa 12 41 410
Guelmim-Oued Noun 7 15 150
Laâyoune-Saguia Al Hamra 5 8 78
Dakhla-Oued Ed Dahab 4 4 40

Supports de Communication et Sensibilisation

La publication annuelle du rapport national sur la surveillance de la qualité des eaux de baignade témoigne de l’engagement du Ministère à réduire la vulnérabilité écologique de nos plages. En informant les décideurs et les estivants sur la qualité hygiénique des côtes atlantique et méditerranéenne du Royaume, ce rapport contribue à la préservation du littoral marocain des pressions urbaines et industrielles à la viabilité des secteurs clés de l’économie nationale qui en dépendent, la pêche et le tourisme.

La publication du Rapport National annuel sur la qualité hygiénique des plages, au delà de son caractère informatif auprès des estivants et des décideurs, permet de créer l’émulation entre les différentes communes côtières en matière d’efforts exemplaires, et d’actions significatives en faveur de l’amélioration du produit balnéaire national et du cadre de vie des populations.

Ainsi, au début de chaque saison estivale une conférence de presse pour communiquer autour des résultats dudit programme est organisée et des bulletins d’informations sont établis et transmises aux collectivités locales pour affichage au niveau des plages afin de sensibiliser les baigneurs et d’une manière régulière, de la qualité des eaux de baignades.

Veuillez consultez la rubrique « Publications » pour visualiser les différents rapports publiés ces dernières années.

Profils des Plages

Les profils consistent à identifier les sources de pollution susceptibles d’avoir un impact sur la qualité des eaux de baignade et d’affecter la santé des baigneurs et à définir, dans le cas où un risque de pollution est identifié, les mesures de gestion à mettre en œuvre pour assurer la protection sanitaire de la population et des actions visant à supprimer ces sources de pollution. Il existe 3 types de profils, du plus simple au plus complexe :

  • Profil de type 1 : Le risque de pollution de l’eau de baignade n'est pas avéré ;
  • Profil de type 2 : Le risque de contamination est avéré et les causes sont connues ;
  • Profil de type 3 : Le risque de contamination est avéré et les causes sont insuffisamment connues.

En effet, cent cinq (105) profils ont été réalisés jusqu’à fin 2016, se qui représente 69% du total des plages surveillées du Royaume.

Les principales sources de pollution identifiées sont :

  • les dysfonctionnements au niveau des réseaux d’assainissement (pompes, réseaux unitaires, raccordement illicites dans les réseaux pluviaux…) ;
  • les apports de pollution lors des orages en saison estivale ;
  • les pollutions accidentelles

Des plans de gestion visant la protection préventive des baigneurs ont été proposés, ils consistent à organiser les interventions en cas de pollution et la production d’outils simples de gestion de ces pollutions.

Pour visualiser les maquettes des Plans d’Actions issus de ces profils des plages , veuillez consulter le dossier correspondant dans la rubrique « Publications »

Apport du programme QEB

Label "Pavillon bleu"

L'écolabel "Pavillon bleu" est une reconnaissance internationale, son obtention par une plage donnée est tributaire de la conformité de l'aménagement et de la gestion des plages mettant en exergue des critères à respecter portant sur l'environnement général, la gestion de l'eau, la gestion des déchets et l'éducation à l'environnement.

Depuis 2002, ce programme piloté par la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement a connu une évolution notoire soutenue par les progrès du programme phare de la fondation ″Plages Propres ″. L'objectif étant de labéliser le maximum de plage afin de hisser notre patrimoine balnéaire au rond des standards internationaux.

L'écolabel ″Pavillon bleu ″ a été décerné conjointement par la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l'Environnement sous la présidence de SAR La Princesse Lalla Hasnaa et la Fondation Internationale pour l'Education à l'Environnement (FEE) à 22 plages parmi les 89 inscrites en 2016 dans le programme national «Plages Propres ».

Le Programme National de Surveillance MED POL

La prise de conscience des dangers que fait courir au milieu marin méditerranéen, aux ressources biologiques et à la santé humaine par les sources de pollution terrestre et maritime, a été reconnue par les Gouvernements des pays riverains de la mer méditerranéenne au milieu des années 70 par l'adoption du Plan d'Action pour la Méditerranée (PAM) en février 1975 sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l‘Environnement (PNUE). Une année après, les Partie contractant ont adopté de la Convention de Barcelone (en 1976), qui est devenue le cadre commun pour la protection de la mer Méditerranéenne.

L’objectif du PAM est de créer un environnement plus salubre dans l’ensemble de la région, en se fondant sur le principe de précaution et sur le principe de Développement durable à travers un certain nombre de composantes et de Programme. La principale composante du PAM est le Programme de surveillance continue et de recherche en matière de pollution en mer Méditerranée (MED POL). Ce dernier vise le suivi des activités liées à la mise en œuvre du Protocole relatif à la protection de la mer Méditerranée contre la pollution provenant de sources et activités situées à terre ainsi que des Protocoles "immersions" et "déchets dangereux".

Le Maroc s'est depuis longtemps engagé dans la ratification des conventions internationales, régionales et bilatérales y affairant aux domaines de la protection de la mer Méditerranée notamment la Convention de Barcelone et ses protocoles.

Ainsi, le Programme National de Surveillance (MEDPOL) constitue, le volet scientifique d’évaluation et de maîtrise de la pollution dans les côtes méditerranéenne marocaine. Parmi les principaux objectifs de ce programme, il ya lieu de citer :

  • L’évaluation des sources de pollution (ponctuelles et diffuses), de la charge de pollution atteignant la mer Méditerranée et de l’ampleur des problèmes causés par l’impact des contaminants sur les ressources biologiques et non biologiques, y compris la santé de l’homme
  • L’évaluation des tendances de la qualité du milieu marin et côtier en tant que système d’alerte précoce contre les problèmes causés par la pollution
  • Formuler et mettre en œuvre des plans d’action et des mesures de réduction des impacts provoqués par la pollution
  • Surveiller l’application des plans d’action, programmes et mesures de maîtrise de la pollution adoptés et évaluer leur efficacité

La surveillance continue de la qualité des eaux littorales de la zone Méditerranéenne dans son état actuel répond aux exigences de la convention de Barcelone qui stipule l’instauration des programmes de surveillance continue de la pollution dans la zone de la mer Méditerranée. Suivant cette logique, la préparation et la soumission des rapports de surveillance est respectée par le Royaume du Maroc.

Le réseau de Surveillance

Le Maroc participe au Programme de Surveillance du degré de pollution de ses côtes méditerranéennes dans le cadre du Programme MEDPOL/PAM en exécution de la convention de Barcelone (1976) et de ses protocoles que le Maroc a ratifiés notamment le protocole « tellurique ». Cette surveillance est organisée en fonction des sources potentielles de pollution de certaines zones côtières de référence ou les zones de baignade.

La coordination du Programme National de Surveillance Med-Pol est assurée par le Secrétariat d’Etat chargé du Développement Durable. Ce programme est exécuté conformément aux stratégies nationales et aux plans d'actions pour la protection de l'environnement. Son exécution est caractérisée par l’organisation des activités de surveillance dans le cadre d’un réseau fonctionnant suivant les compétences techniques et humaines des institutions nationales participantes audit programme, à savoir:

Réseau National de Surveillance MedPol : Programme de surveillance continue et de recherche en matière de pollution en mer Méditerranée
Réseau National de Surveillance MedPol : Programme de surveillance continue et de recherche en matière de pollution en mer Méditerranée

Les sites de surveillance

Le Programme couvre le territoire des grandes agglomérations qui rejet leurs effluents directement ou indirectement à travers les fleuves dans la méditerranée. Il concerne les villes de Tanger, Tétouan, Fnideq, Al Hoceima, Nador et Saidia. La surveillance concerne les eaux usées épurées des deux stations d’épuration des villes de Nador et Al Hoceima et plusieurs oueds et des rejets des eaux usées au niveau des villes précitées.

La surveillance touche les métaux lourds dans les sédiments superficiels des rejets des eaux usées et oueds, et la surveillance des biotes et les effets biologiques des polluants notamment les pesticides organochlorés et les métaux lourds (cadmium, mercure et plomb) dans les mollusques.

Littoral méditerranéen marocain objet du Programme National de Surveillance MedPol
Littoral méditerranéen marocain objet du Programme National de Surveillance MedPol
Sites de prélèvement objet du Programme National de Surveillance MedPol
Sites de prélèvement objet du Programme National de Surveillance MedPol

Plan de surveillance des POPs

Contexte

En vertu de la Convention de Stockholm et dans le cadre d’un projet mondial de surveillance des POPs, le LNESP coordonne les activités de ce projet au niveau national avec les partenaires concernés (voir liste ci-dessous).

Ce projet, mené par la Branche Chimique du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) en collaboration avec certains pays africains, dont le Maroc, a été approuvé par le Fonds pour l’Environnement Mondiale (FEM) en 2015. Il vise essentiellement la surveillance des POPs dans les matrices : Eau, Air et lait maternel, au niveau des pays partenaires et le renforcement des capacités des laboratoires de ces pays en la matière.

Objectifs du projet

Les objectifs du projet se déclinent en deux objectifs principaux à savoir :

Des objectifs globaux

  • Mettre en œuvre le Plan Mondial de Surveillance (GMP) pour les Polluants Organiques Persistants (POP), en vertu de l'article 16 de la Convention de Stockholm sur l'évaluation de l'efficacité de génération de données fiables sur les concentrations des Polluants Organiques Persistants dans les matrices lait humain, air les matrices et d'intérêt national majeur (Eau, Sédiment) ;
  • Renforcement des capacités nationales pour mettre en œuvre le Plan mondial de surveillance des POP ;
  • Elaborer un plan de surveillance durable pour les POP pour la région de l'Afrique.

Des objectifs spécifiques

  • Améliorer la compréhension de l'exposition humaine aux polluants organiques persistants par l’analyse de la matrice lait ou sang humain ;
  • Développer les connaissances par rapport au transport des POPs via l’eau et l’air ambiant, y compris les tendances spatiales et temporelles au niveau national, régional et mondial ;
  • Renforcer les capacités des laboratoires par des essais de rendement et des inter-calibrations pour l’amélioration des leurs compétences en termes d’échantillonnage et d’analyses des POPs.

Livrables

Un rapport national représentant les résultats des différentes activités relatives à l’échantillonnage, prélèvement et analyses des POP dans l’air, le lait maternel et les matrices d'intérêt national majeur (Eau et sédiment) sera établi dans le cadre de ce projet. Une base de données regroupant l’ensemble des informations collectées et analyses effectuées contribuera à l’élaboration de plans, national et mondial, de surveillance des POPs.

Partenaires

LNESP, INH, ONEE-BE, ONSSA, LOARC, LARATES, INRH, CNESTEN, CNRST, INRA

Echéancier prévisionnel de réalisation

Décembre 2016 -Avril 2020

Evaluation de la qualité de l'air ambiant

Le Laboratoire National des Etudes et de Surveillance de la Pollution dispose de deux unités mobiles lui permettant d’évaluer la qualité de l'air ambiant. Ces unités sont équipées de matériels de haute technologie capables de mesurer en continu les principaux polluants de l’air ambiant, notamment :

  • Analyseur de dioxyde d’azote (NO2)
  • Analyseur de dioxyde de soufre (SO2)
  • Analyseur de monoxyde de carbone (CO)
  • Analyseur d’Ozone (O3)
  • Analyseur de BTEX
  • Analyseur des MPS
  • Station météo

Les données de mesures sont stockées dans des systèmes d’acquisition, gérées par des systèmes et logiciels informatiques et par la suite traitées et validées par notre équipe spécialisée en la matière.

L’évaluation de la qualité de l’air ambiant est réalisée conformément aux dispositions du décret n°2-09-286 du 8décembre 2009, ayant fixé les normes de qualité de l’air et les modalités de surveillance de l’air et aussi à l’arrêté y afférent qui a fixé les seuils d’information, les seuils d’alerte et les mesures d’urgence pour l’amélioration de la qualité de l’air.